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Klorgar Nerazh'Ul fit partie des généraux d'une grande nation, il était Sénéchal si les écrits disent vraies. Les premières années de sa mise en fonction, il fut accueilli avec grande méfiance aux vues de son jeune âge et de ses origines, en tant qu'elfe de sang.

Les années passèrent et des conflits éclatèrent à différents niveaux : politique et militaire. Prenant part aux conflits, Klorgar en tira une grande notoriété, gagnant par ce fait le respect du peuple et de certains supérieurs qui étaient septiques à l'idée de travailler avec une personne aussi « différente ».

Très vite un jour funeste arriva, ce fut la mort du dirigeant de la nation qui plongea le peuple dans un long et triste deuil, pour Klorgar ce n'était pas seulement un leader qui avait disparu, c'était un ami. Un ami qui lui avait confié un grand rôle dans le rêve qu'il avait entrepris de réaliser.

Un successeur inconnu de tous prit sa place ayant été légitimé, il n'avait guère l'allure ni le charisme du précédent. Il créa une milice chargée de réprimandé tout individu faisant obstacle au régime qui possédait des droits supérieurs au corps de l'armée, il confia le commandement à Klorgar. Les interventions de cette nouvelle milice se multiplièrent jusqu'à devenir journalière, Klorgar ne fit que donner les ordres et ses hommes exécutèrent. La plupart des victimes de cette milice étaient des nobles,  des bourgeois ou encore des paysans. Malgré cette différence d'échelle sociale, rares étaient humains. Lors d'une simple altercation avec des marchands, l'un d'eux fut projeté aux pieds de Klorgar, il n'était présent qu'en qualité d'observateur. Le vendeur lui implora de le laisser en vie, éclatant en sanglots. Le Sénéchal le regarda en train de lui tenir le pied, il était dans une incompréhension totale. Soudain une grande bardiche vint fendre le crâne du marchand, projetant du sang sur le visage et l'armure de Klorgar. Il resta bloqué sur ce moment durant des jours et des jours, s'imaginant à la place du pauvre marchand.

Il assista à plusieurs réunions organisées par le nouveau dirigeant, à chacune il écouta attentivement les ordres de celui-ci les contestant la plupart du temps ou les gardant pour lui -même nourrissant sa haine envers cet horrible « Tyran ».

Klorgar adorait observer le panorama de la cité par le balcon de sa chambre, autrefois le soleil rayonnait faisant scintiller les magnifiques carreaux ouvragés des églises, les quartiers étaient bondés de marchands, de voix d'enfants qui s'amusaient avec de simple bout de bois, les rues étaient sur car les gardes réalisaient des rondes et étaient salués par la population pour leur travail. À présent le soleil a laissé place à un ciel gris menaçant, l'odeur omniprésente de la chair brûlée causée par les bûchers, les rues désertes qui n'accueillent que la violence des milices qui tombent sur des personnes innocentes et la constante peur de mourir qui planent sur tous.

Klorgar prit contact avec l'un des chefs de l'opposition au régime, afin de leur fournir armes, armures et vivres. Les rebelles se mirent alors à organiser des embuscades sur des membres de la milice, bloquer l'arrivé de convois importants et recruter de plus en plus de personnes. La rébellion contre le régime se renforçait de jour en jour.

Un matin comme à son habitude Klorgar se rendit sur son balcon, observant le triste panorama. Il vit dans la cour du château un très grand nombre de personnes entassées les uns sur les autres étouffant dans une immense cage en fer au-dessus de milliers de bûches de bois. Klorgar regarda les visages de toutes ces personnes remplis de désespoir, il l'est reconnu pour la plupart. C'était la quasi-totalité des membres la rébellion. A quelques mètres de là, une autre chose aussi choquante l'interpella, il vit à côté de cette cage une jeune femme marquée par la torture attachée à deux chevaux par les bras et les pieds. Il reconnut sa femme qui criait son nom dans un désespoir totale.

Klorgar était emplis de peur et doute après ce qu'il venait de voir. S'empressant de mettre de simples dessous d'armures, il franchit le seuil de la porte et prit un coup dans la tête qui l'assomma. Quelques minutes après, Klorgar se réveilla enchaîné des mains aux pieds, deux gardes le traînaient par le bras. Ils finirent par le jeter à terre juste devant la grande cage. Klorgar se releva à peine que les gardes le mirent à genoux. Le nouveau dirigeant se marcha lentement vers Klorgar avec un sourire aux lèvres. Il se mit à sa hauteur, l'attrapant par les cheveux pour orienter son regard vers la grande cage en fer. Il demanda à Klorgar « A ton avis, quel effet cela fait de détruire l'espoir d'un homme ? », la question s'accompagna d'un geste de main, les gardes lancèrent leurs torches pour démarrer le bûcher .

Petit à petit, le feu grandit devenant une source de chaleur considérable, les flammes entouraient la cage et la pénétraient, les crépitements du bûcher étaient accompagnés de plus d'une centaine  de cries d'agonie. Klorgar baissa la tête pour ne pas assister à ce spectacle insoutenable, le dirigeant lui releva la tête pour le forcer à regarder. Il s'exclama avec un sourire carnassier « Regarde ! Regarde-la ! Ta précieuse rébellion partir en fumée ! », Klorgar essaya de détourner le regard mais ne pouvait en aucun cas ignorer tous ces cries.

Si les personnes ne mouraient pas carbonisées directement, ils finissaient cuits à petit feu dans cette cage de l'enfer. Par  un simple geste du dirigeant, les gardes traînèrent Klorgar non loin des chevaux auxquels était attachée sa femme. Celle-ci cria le nom de son mari, le fixant en pleurant. Il releva la tête pour regarder sa femme mais très vite, il baissa les yeux, le désespoir et la tristesse se lisant sur son visage, prenant conscience qu'il était incapable d'agir. Une fois de plus le dirigeant prit Klorgar par les cheveux, le força à faire face à la scène et lui posa une autre question : « A ton avis,  quel effet cela fait de voir la chose que l'on aime le plus au monde, mourir devant ses yeux ? ». Klorgar resta muet. Le dirigeant se releva en lâchant la tête de Klorgar, soupirant comme déçu par sa réaction.

Le dirigeant frappa dans ses mains et les deux montures se mirent à galoper aussi vite qu'elles pouvaient chacune dans un sens opposé, la jeune femme cria de toutes ses forces, pleurant toutes les larmes de son corps criant le prénom de son mari. Klorgar ne put s'empêcher de regarder la scène pleurant lui aussi à vive larme. Soudain les bras et les jambes de la jeune femme se rompirent dans un bruit d'os macabres et le crie de souffrance se tut aussitôt. Des litres de sang coulèrent du tronc de la jeune femme, sans vie. Klorgar ne put s'empêcher de pleurer de rage en essayant de se débattre pour se libérer. Les gardes le maîtrisèrent, le dirigeant traîna le restant du corps vers son prisonnier. Le dirigeant s'agenouilla devant lui et chuchota à Klorgar « Que reste-t-il d'un homme lorsqu'on lui enlève toute raison de vivre ? » Klorgar le fixa un moment, il se répondit tout seul « De la poussière. » prenant un peu de terre dans sa main et la lâchant dans l'air. Il prit le pendentif qui était accroché au cou de la femme de Klorgar, le mettant autour du cou de celui-ci avec une certaine satisfaction. Le tyran décida ensuite de découper la tête de la jeune femme en faisant exprès de prendre le plus de temps possible, ne la découpant pas net. Il s'amusa à forcer Klorgar à embrasser la tête sans vie de sa femme.

Klorgar cria un grand coup comme pour évacuer toute la colère et la rancœur qu'il avait accumulée. Le dirigeant l'assomma d'un grand coup de poing plaqué.

Il se réveilla avec un mal de crâne conséquent dans une cellule humide et lugubre. Il constata que la porte était ouverte, aucun garde aux alentours et plus bizarre encore un silence absolu.  Il sortit de sa cellule et courra aussi vite qu'il put, il atteignit la ville et emprunta la route principale pour rejoindre la grande porte. Les rues étaient désertes comme si le temps s'était arrêté, les racines des plantes avaient pris d'assauts les maisons. Klorgar franchit la grande porte, sortant de cette cité qui était devenue digne d'un cauchemar. Klorgar se retourna pour regarder une dernière fois ce qui avait été sa vie soudainement la grande porte se ferma violemment dans un grand brouhaha métallique expulsant une grosse bourrasque de vent vers Klorgar.

Klorgar eut encore la volonté de survivre, remplissant des tâches plus ou moins ingrates pour des personnes plus ou moins fréquentables. Gagnant un salaire de misère, assez pour survivre chaque jour.

Peu importe la tâche que l'on lui confiait, Klorgar l'accomplissait sans une once de curiosité ne se demandant même pas, si ses actes aller avoir de quelconque conséquences sur le monde autour de lui. Il préférait tuer, escorter ou même voler pourvu que la paie soit à la hauteur. Sur son chemin, il rencontra des personnes comme lui qui proposait leurs services afin de pouvoir se payer le minimum pour vivre, il trouva cela rassurant. Un soir dans une taverne, il prêta attention à une discussion entre deux ivrognes parlant d'un clan de mercenaires qui semblait être particulièrement efficace dans son domaine. Klorgar soupira d'agacement, ne croyant pas un mot des deux hommes pathétiques qui étaient accoudés au comptoir. Pour lui une vie de mercenaire en communauté était impossible, l'homme qui choisirait cette voie, la parcourait seul et ne pourrait qu'être fidèle à lui même. Klorgar continua son périple à travers les terres, un jour alors qu'il allait rendre compte de son exploit à un villageois qui lui avait demandé un service. Celui-ci l'informa qu'un groupe de personne l'avait précédé et qu'il avaient comme promis obtenu la récompense. Klorgar préféra ne dire mot, continuant son chemin. Il rencontra plusieurs fois ce cas de figure, se faisant parfois précédé par cet éternelle description que l'on lui donnait :« Un groupe de personnes avec un leader plutôt charismatique, son second par contre, il avait un visage effrayant ! Et les autres j'me souviens plus... ». Les jours passèrent et cette idée lui sortit de la tête, il alla tranquillement rendre une quête que lui avait confié un noble de la région. Et soudain l’impensable arriva, il vit le noble en question discuter avec le fameux groupe de mercenaire. Il reconnut le second avec le visage déformé par la faute d'une blessure profonde et un homme charismatique qui parlait avec le noble et ce avec une prestance quasi-aristocratique, sans aucun doute il était ce fameux leader. Très vite Klorgar interrompit leur conversation afin de réclamer son du. Le noble lui signala avec un grand sourire, que les personnes devant lui avait accomplit la tâche avec succès et donc qu'ils ont obtenu la récompense. Klorgar lança un regard noir à l'assemblée. Il posa son sac et dégaina ses deux épées, défiant le chef des mercenaires. Celui-ci éclata de rire avant de reprendre un minimum de son sérieux, il proposa à Klorgar un marché. Si jamais il gagnait ce combat, il mettrait fins aux jours de Klorgar et repartirait victorieux avec la récompense du contrat. Dans le cas contraire, Klorgar repartirait avec la récompense et la vie sauve. Klorgar exprima son accord avec un simple hochement de tête, en déclarant : « Avant de combattre, puis-je connaître le nom de mon bourreau ? » Avec un sourire en coin, il lui répondit : « Kerros Nightbringer ». Celui-ci dégaina à son tour son arme, une épée à deux mains avec laquelle il semblait plutôt à l'aise. C'est alors que le combat débuta. Les deux combattants semblaient de force égale, aucun ne prit l'avantage tout deux étaient dans un état de concentration tel. Ce n'était pas un simple combat où deux hommes s'opposait pour atteindre un but commun, c'était bien plus.

Klorgar entendit des acclamations provenant de derrière son adversaire, il remarqua alors ces compagnons qu'ils l'encourageaient : « Aller ! Vas-y chef déboîte ce gringalet! » « Montre lui ce que s'est de vouloir s'attaquer au clan ! » A ce moment précis Klorgar vue leurs visages se déformer pour laisser y apparaître d'ancien camarades de la résistance qui furent sacrifier devant ses yeux. Il perdit alors instantanément sa concentration une fraction de seconde laissant le temps à Kerros de le désarmer d'une de ses deux épées. Par la suite ils reprirent tout deux leurs gardes, Kerros effectua quelques moulinets avec son arme adressant toujours un regard de défis à Klorgar. Il s'empressa de lui répondre par une charge furieuse qui lui fit plier le genoux, Klorgar prit alors l'avantage sur son ennemi, la victoire était si proche. Seulement la voix d'une jeune femme vint résonner dans sa tête « La Solitude t'a rendu pathétique mon pauvre ami. » Klorgar prononça son prénom « Mel'ra... » L'instant d'après, le combat pris fin. Klorgar était à genoux devant Kerros en train de fixer le sol, la lame sous la gorge. Le leader du clan annonça à Klorgar la sentence qu'il avait accepter si jamais il perdait le combat. L'elfe ne répondit pas, attendant que son bourreau celle son funeste destin. Il y eut un long silence tel qu'on pourrait voir dans un cimetière. Soudain, on entendit le bruit d'une lame tomber à terre. Klorgar n'y prêta pas attention fixant toujours le sol auquel il semblait accorder beaucoup d'importance. Il vit une main entrer dans son champ de vision, la paume ouverte et pleine d'espoir. Klorgar leva alors la tête vers Kerros, le fixant comme s'il avait compris le message qui ne comportait aucun mot. Il l'a saisit en tremblant pour se remettre debout regardant autour de lui, les personnes du clan lui adressèrent un simple geste de bienvenue particulier à chacun d'eux. La voix de sa femme résonna une dernière fois en écho, s'éloignant de plus en plus « Tu as finalement compris... »